En octobre 2026, Alexis Fournol a publié dans The Art Newspaper France une nouvelle chronique consacrée au contentieux de l’authenticité des œuvres d’art et, plus particulièrement, à l’utilisation devant le juge civil des éléments issus d’une enquête pénale.

Sous le titre « Authenticité : quand l’enquête pénale ne suffit pas à prouver le faux », l’article revient sur un jugement rendu par le tribunal judiciaire de Paris le 2 juillet 2026 à propos de deux tableaux présentés comme des œuvres d’Henri Martin.

L’acquéreur invoquait plusieurs éléments issus d’une enquête pénale menée sur un vaste réseau de fraude artistique afin d’établir l’inauthenticité des œuvres et d’engager la responsabilité de la maison de ventes et de l’expert. Le tribunal a pourtant rejeté son action : si les pièces provenant de la procédure pénale pouvaient être produites au civil, elles ne suffisaient pas, en l’espèce, à démontrer l’inauthenticité des tableaux.

La décision met ainsi en lumière une distinction essentielle entre recevabilité d’un élément de preuve et force probante. L’origine pénale d’un document ne lui confère pas, à elle seule, une valeur supérieure : le juge tient notamment compte de sa méthode d’élaboration, de la compétence de son auteur, du caractère contradictoire des opérations et de sa confrontation avec les autres pièces du dossier.

La chronique revient plus largement sur les difficultés propres à la preuve de l’inauthenticité d’une œuvre : analyses scientifiques, expertise, provenance, documentation historique, certificats et avis des ayants droit doivent être appréciés dans leur ensemble. Le soupçon peut être important ; la preuve demeure individualisée.

L’article est publié dans The Art Newspaper France, octobre 2026.